Salut les culteux!
Comme vous devez le savoir si vous faites partie des membres actifs de la communauté, ce week end était pour une poignée d'entre nous l'occasion de se réunir sur les terres du muscadet afin d'effectuer un pèlerinage hors du commun dans la ville de Clisson. Organisé de main de maître par Charlotte, Sandra et Laurent, et avec l'aide d'Alexxx et de quelques membres du Cult, mais aussi avec la malédiction du saigneur tout puissant qui nous a offert une météo des plus clémentes, nous sommes allés de surprise en surprise et avons célébré comme il se devait la création du club, et notre passion pour le festival.
Commençons par le début. A l'origine prévu pour être un week end assez simple, occasion de nous retrouver à deux mois des premiers riffs sur-saturés en terre maudite, ce week-end est devenu pour votre narrateur un des moments les plus épiques qu'il ait vécu. L'idée d'origine était de nous rassembler, profiter d'une pizza en écoutant de la bonne musique, nous bourrer la gueule joyeusement dans les gîtes réservés pour l'occasion, et pic-niquer sur le site du festival entre membres du club. Cependant, les choses ont évolué petit à petit, et le programme s'est étoffé de quelques nouvelles activités tout aussi intéressantes que vider des packs en écoutant du Metal: Visiter le vignoble clissonais et déguster du vin en écoutant du Metal, visiter les nouveaux locaux du Hellfest en écoutant du métal, mais aussi participer à une chasse aux œufs de pâques (pack?) et à la bière en chantant du Metal. Tant qu'il y a du Metal, tout est bon à prendre, même quand on a l'air con ! Il suffit de regarder les photos et vidéos du festival pour s'en convaincre.
Après une arrivée aux gîtes afin de déposer sacs de couchages, fringues de rechange, fromage qui pue et packs de bière, ainsi que le pèlerinage inévitable d'une bonne partie d'entre nous à la cafet' du Leclerc, nous partons pour les locaux du vigneron, un de ceux qui participe à l'élaboration complexe de la cuvée Hellfest, en plus d'aider à la préparation des terrains qu'il loue au festival. Nous avons donc pu découvrir les dessous de ce doux breuvage (dont nous nous abreuvons chaque année sans modération malgré les recommandations de divers slogans de propagande pro-sobriété), en écoutant du métal (il faut le rappeler, car c'est bien là ce qui est le plus important). Après une vidéo de présentation, durant laquelle le festival se faisait le malin plaisir d'apparaitre entre deux grappes de raisin à chaque fois qu'il en avait l'occasion, et une promenade instructive entre les pieds de vigne que nombre d'entre nous aiment fertiliser, nous prenons le temps de déguster quelques verres d'un muscadet fraîchement débouché tout en apprenant à nous connaître, repérant par la même occasion les personnes avec qui nous échangeons depuis maintenant presque six mois.
Alors que l'ambiance commence à se détendre, grâce à la confiance qui s'installe entre personnes inconnues quelques heures plus tôt mais aussi grâce au vin, nous retournons aux gîtes, changer de vêtements pour les plus coquet(te)s, vider quelques mousses pour les autres, et nous reposer avant de partir "faire un cross", comme le dit si bien Sandra. Et quel cross! Bien évidemment, même si rien n'était dit, nous nous attendions tous à la visite des locaux du fest, qui devait, en toute logique, être suivie d'un nouveau départ groupé pour une salle des fêtes afin de passer la soirée, la pizzeria s'étant avérée trop petite pour accueillir les 65 headbangers excités comme Lemmy devant un bus de groupies, et notre équipe organisatrice ayant paré à toute éventualité.
L'accueil aux bureaux Hellfest Prod était des plus chaleureux, et les trois groupes furent vite formés pour que nous puissions découvrir l'espace de travail dans lequel l'événement le plus important de l'année (pour beaucoup d'entre nous, vous en conviendrez) se prépare. Dès les premiers centimètres parcourus, vous êtes au Hellfest. La musique, la déco, l'ambiance, tout vous rapelle ces quelques jours que vous passez chaque année à vous exploser le cerveau en écoutant de gros riffs bien violents. Nous continuons ensuite la visite en nous promenant dans la cour, contournant ainsi les bâtiments en ruine d'une ancienne tannerie pour arriver sur les bords de la rivière, face à la terrasse verdoyante qui accueille la team pour quelques photos lors de leurs interviews.
C'est à ce moment précis que tout à dérapé.
Gang manager, Alexxx commence à nous parler un peu plus du site sur lequel nous nous trouvons, avant d'embrayer brusquement sur week end que nous sommes alors en train de vivre. L'auditoire écoute, passionné, cet illuminé nous parler des difficultés rencontrées par notre équipe d'organisateurs pour trouver un lieu adéquat au bon déroulement de la soirée. Nous nous regardons entre culteux, interloqués par ce brusque changement d'attitude, lorsque l'annonce tombe, tel le couperet d'une guillotine: "On à décidé de mettre à votre disposition notre salle de chouille"
Hurlements d'approbation, regards incrédules, sourires hébétés, votre rédacteur en pleine érection, tout le monde à compris que nous allons passer quelques heures à nous enjailler accoudés au bar que nous voyons dans les vidéos de la Hellfest TV. C'est donc avec grande attention que nous écoutons les quelques consignes (simples et très rapides) pour que tout se passe dans les meilleures conditions et que tout le monde revienne vivant de cette soirée ( 'déconnez pas les mecs, c'est vrai en plus).
"Tu viens d'arriver, je te sers quoi?"
Nous prenons alors doucement "possession" des lieux, déjà mis aux couleurs du Cult, et découvrons de nos yeux émerveillés le bar. Le billard est prêt, les flippers aussi, la sono est montée, et la tireuse à bière en libre-service annonce la couleur. Le tout est en plus complété par un buffet bien garni de mets fort utiles entre deux verres . L'observateur de passage racontera sûrement avoir aperçu une troupe de gens étranges (aux moeurs tout aussi interloquantes) tous vêtus de noir, et portant pour beaucoup un blouson inquiétant pouvant faire penser à un gang de motard punks, sourire bêtement, les yeux brillants, devant des bâtiments, tables, tabourets, et verres de bières, lors de ce qui semblait ressembler au sacrifice d'une vierge à la gloire d'on ne sait quelle divinité païenne, hurlants dans une transe frénétique.
L'observateur ayant abusé du vin de messe relatera sûrement avoir vu une chèvre crucifiée, mais en fait, on n'avait pas de croix en bois à disposition ( ni de chèvre d'ailleurs).
Après la prise de conscience, et surtout après les premiers verres de l'apéro, nous commençons à nous connaître un peu plus, à nous reconnaître, et échangeons librement informations, conseils, impressions, noms de groupes et histoires de fesses ou de beuverie. Ce n'est qu'après un tirage au sort et une tombola que tout à fini de partir en couille. Les litres de bière se transforment en litres de rhum, vodka, whisky et tequila, les esprits s'embrument, le volume augmente, la nuit se fait de plus en plus sombre, le regard se trouble... petit à petit, on oublie le temps qui défile, on oublie le monde extérieur, et l'on profite de ce qui était pour nombre d'entre nous un rêve: être les premiers festivaliers de l'histoire du Hellfest à faire la fête en pleine Mecque des membres du fan club: la « salle de chouille » privée du fest.
Il est difficile de relater exactement les événements passé ce cap. L'abus d'alcool est mauvais pour la santé à ce qu'il paraît, je trouve qu'il l'est d'abord pour la mémoire, comme l'attestent certaines photos. Dans la fumée projetée en grande quantité, nous distinguons de petits objets oblongs et lumineux voler entre le bar et le DJ, se loger dans le décolleté des femmes ou les cheveux des hommes, nous observons les gens se livrer à d'étranges danses tribales en écoutant des sons saturés et agressifs, un sourire malsain sur les lèvres, le regard trouble. Petit à petit, la fatigue s'empare de l'assemblée qui perds une partie de ses membres, probablement tous atteints de difficultés d'élocution avancées et de sévères troubles de l'équilibre.
Après un retour fastidieux dans les chemins sombres des vallées clissonnaises et quelques heures de sommeil bien mérité, nous voyons émerger une faune caractéristique d'un troisième week-end de juin: le métalleux à gueule de bois. Ce dernier, agard, le regard hébété, se déplace lentement, tentant de reprendre ses esprits. Après l'inspection des gîtes et une bonne douche, les choses s'améliorent, et notre joyeuse troupe reprends la route en direction cette fois ci de la porte du muscadet, sculpture magistrale trônant au beau milieu des champs, face à quatre empilements de containers caractéristiques des bars du Hellfest. Car oui, lors de notre arrivée, les travaux ont commencé, et le montage du Fest débute sa lente progression qui durera deux mois.
Les packs de bière sont de sortie, et chacun y est allé de sa spécialité culinaire, tant et si bien que le pique-nique se transforme en un repas copieux et consistant, arrosé de boissons houblonnées gazeuses. Nous découvrons alors le site du festival d'un oeil nouveau, visitant le petit bois "qui sent la pisse" comme disent certains, passant au pied de l'arbre en métal encore en cours de montage, voir même, escaladant les containers, tout en découvrant en avant-première le nouveau plan du festival et le running-order.
Après le repas, nous partons à la recherche des traditionnels oeufs en chocolats, cachés dans le bois qui... Nous trouverons aussi quelques bières, cadeaux, ainsi qu'un Iphone, probablement perdu par un festivalier l'an dernier et complètement hors d'usage. Puis vient le temps de nous dire au-revoir. Dans le sourire de chacun, nous lisons les mêmes mots: Merci Sandra, Charlotte, Laurent, Alexxx, et tous les culteux, les +1, merci la team Hellfest pour ce week-end de malades, on se retrouve dans deux mois pour faire encore mieux.
Allez, vous venez juste d'arriver, je vous sers quoi?